20.02.2008

Indiana Jones et le royaume des blockbusters

Pour beaucoup d’entre nous, le cinéma américain se résume à trois mots : « suites, remakes et blockbusters ». Ce cliché nous amène donc à penser que tous les films américains proviennent de grandes sociétés hollywoodiennes pour lesquelles le box office passe avant le scénario.

 

         Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, définissons d’abord les termes. Un « blockbuster » est un film à très gros budget (à partir de 100 M de dollars jusqu’à 231 M de dollars pour « Spider Man 3 » de Sam Raimi). Ces films sont généralement produits par de sociétés cinématographiques appartenant à de grands groupes médiatiques (Warner Bros et New line Cinema ont été racheté par AOL, Universal par NBC, ...). Les réalisateurs ont ainsi beaucoup de contraintes artistiques sur de tels projets. Mais parallèlement à cela, il existe un cinéma moins connu qui est indépendant et se situe en marge d’ Hollywood. Les grandes figures de ce mouvement sont notamment Gus Van Sant, Francis Ford Coppola et Michael Moore. Les films produits ont un budget compris entre 10 et 20 M de dollars, sont plus engagés mais sont moins choisis par les grands groupes de distribution. C’est pour cela qu’ils passent quasiment inaperçu et ne sont pas présentés dans les complexes cinématographiques comme Kinepolis. Dans le pire des cas, les films sortent directement en DVD en Europe (c’est notamment le cas du premier long métrage de Peter Berg « Friday Night Lights », considéré outre atlantique comme l’un des plus grand films du XXe siècle sur le foot US). Le public, ne connaissant pas ces films, développe ainsi des préjugés à l’égard des productions américaines.

 

         Le cinéma hollywoodien est surtout représentatif de « l’American way of life » ou autrement dit de la culture américaine qui s’est répandu jusqu’à nous. Beaucoup de films américains sont donc profondément ancrés dans notre culture. Qui n’a pas rêvé de devenir archéologue après avoir vu Harrison Ford, le fouet à la main et le chapeau sur la tête, ou qui n’a jamais fredonné la musique d’Indiana Jones dès qu’il se promenait dans des ruines et devait franchir un court d’eau ? Qui n’a jamais rêvé au fin fond de son subconscient, quand quelqu’un lui demande très sérieusement son nom,  de répondre « mon nom est Bond... James Bond ! ». Qui n’a jamais regardé, ne serais ce que furtivement, le fond de la mer quand il allait se baigner, pensant voir un requin et entendre la musique des « dents de la mer ». Le cinéma américain regorge ainsi de scènes et citations cultes qui font parti de notre quotidien. Même si nous n’avons pas vu tous ces films, nous les connaissons forcément. Les renier serait donc se renier un peu soi même.

        

         Pour ce qui est des suites et des remakes, il est vraiment que les états unis en sont friands (22 James Bond, ça en fait des suites...) d’autant que les grosses sagas sont très rentables (entre 800 et 900 M de dollars de recette pour chaque épisode de la saga Star Wars ou Harry Potter, sans compter les DVD et autres produits dérivés à l’effigie des héros transcendants). Donc tant que le spectateur lambda continuera de s’extasier devant des effets spéciaux et des histoires où le vilain méchant se fait tuer (pas trop violement car il faut aussi attirer le public enfant très rentable (880 M de dollars de recette pour Shrek 2, 865 pour Le monde de Némo, ...)) par le beau gentil, rejoint par la belle princesse à la fin, le cinéma US continuera de souffrir de ces clichés. Mais derrière toutes ces suites et ces remakes se trouvent toujours un film original et souvent mythique. Comment oublier Rocky et son héros éponyme symbole de l’espoir américain et de la force de la volonté ? Comment ne pas palpiter devant les aventures du sergent John Maclane, trompant la mort dans un piège de cristal (en anglais, « die hard » signifie en fait « trompe la mort ») ? Comment ne pas se poser des questions après les périples de Néo, tentant de nous libérer de notre caverne des chimères ? Comment ne pas succomber sous le charme du beau Sean Connery contre le vil Dr No ? Tous ces films, malheureusement entachés par leurs successeurs,  méritent donc leur statut de film culte.

 

         Pour finir, n’oublions pas que les films nous permettent de rêver, de nous évader de notre vie quotidienne. Hollywood machine à rêver ? Voici donc ce que nous montre le cinéma d'outre Atlantique : des gens ordinaires aux destins extraordinaires. Grâce à lui, nous pouvons voyager et de temps en temps, tutoyer les étoiles...« Autant en emporte le vent », « Casablanca », « Titanic », et tant d’autres classiques américains nous ont ainsi transporté au gré des décennies. Pour paraphraser Victor Hugo, je dirai que le cinéma, tout comme le théâtre c’est donc la vie.

 

Ludo

29.01.2008

Bonjour a vous manga maniacs et grands curieux!

Notre ami Aru le Chapin va vous presenter la manga expo! Mais d’abord... s’avez vous ce qu’est un chapin?...non? Et bien c’est simple c’est une espèce d’extraterrestre mi chat, mi lapin. Et Aru, l’un des leurs, est  la fameuse mascotte de la manga expo!

Et la manga expo alors?

 La MANGA EXPO est une convention qui réunit les manga (ces fameuses bandes dessinées japonaises) mais aussi les traditions asiatiques telle que la danse ou le théâtre, le traditionnel Cosplay(Il s’agit d’une pratique consistant à jouer le rôle d’un personnage réel ou non, souvent issu des mangas et jeux vidéo. Mais il peut également s’agir de héros de films ou de BD franco-belges, voire même des artistes de musique.) Et ce n’est pas fini, on peut aussi y retrouver des projections d’animés, des défilés de mode, de la J-Music  ( musique japonaise), un karaoké, l’eigamateur( jeu concours mettant en compétition des réalisateurs de courts-métrages amateurs), et pleins d’autres activités et jeux!

Cette exposition a vu le jour pour la première fois en novembre 2006,et est revenue en force le week end des 27 et 28 octobre derniers au CNIT La Défense à Paris. L’équipe a mit en place “ une ambiance cool, de découverte qui fait voyager et rêver”,aussi bien pour les adeptes que pour les curieux.

Sur une surface de plus de 7 300m² et avec un vrai amphithéâtre de 750 places assises, le public a pu apprécier des danses traditionnelles asiatiques, le concert de Yoko Ishida (une chanteuse japonaise ayant interprété des génériques d’animés manga comme Sailor moon), il y avait aussi le théâtre Kojiki interprété par la troupe franco-japonaise Seraph, mais aussi des représentations d’arts martiaux et des invités tel que Kenji Kawai,compositeur  japonais et parrain de la manga expo.

Et ce n’est pas tout !La manga expo c’est aussi de nombreux stands où vous pouvez vous procurer vos manga et goodies préférés. Et pour les plus dynamiques, a vous de choisir entre monter sur scène pour une partie le karaoké, relever un défi aux jeux vidéo, les espaces détente et le célèbre danse danse révolution où vous pouvez laisser aller votre talent de danseur!

Bien d’autre activités y étaient proposées mais je ne vais pas tout vous dire... A vous de découvrir l’univers Manga expo!

Retrouvez aussi, la Japan expo convention beaucoup plus grande que celle qui vient de vous être brièvement présentée... je dis brièvement oui car de telles conventions ne se racontent pas.. elles se vivent!

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Sandrine alias Tsuki

21.11.2007

Les hommes sont sortis de terre,comme les épinards.

Vous n’aimez pas la philosophie. Ou pire, vous souhaiteriez aimer, mais vous vous sentez dépassés, nuls, incultes, quand vous êtes devant un énoncé tel que «Qui est Je pour dire moi? ». Les cours de philo sont uniquement pour vous l’occasion de vous rincer l’œil devant votre jeune et jolie (beau) professeur, ou au contraire des heures de supplice à supporter le stéréotype même du gardien de prison nazi, qui vous déteste parce que vous faîtes partie de la société de consommation, et qui est toujours habillé en noir car il porte le deuil de l’humanité. Le simple mot « philosophie » vous fait frissonner, et vous rappelle que votre sujet de dissertation à rendre pour demain est quelque part dans votre chambre, entre les cannettes de bière, le linge sale et le devoir d’allemand mal ressorti de la broyeuse. En bref, vous considérez que la philosophie n’est pas pour vous, et que vous seriez beaucoup plus performants si on vous laissait faire des réflexions sur Kant pendant un trip sous acide. Si vous réunissez au moins une de ces conditions (et ne vous inquiétez pas, vous êtes nombreux dans ce cas) alors ce livre est fait pour vous:

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Le titre n’est pas très accrocheur, la couverture non plus, mais le contenu suffit à rattraper le reste. Avec des questions telles que « Avez-vous déjà mangé de la chair humaine? », « Pourquoi ne pas vous masturber dans la cour du lycée? », « La police existe-t-elle pour vous pourrir la vie systématiquement? », ou encore «Pourquoi pouvez-vous acheter librement du haschisch à Amsterdam et pas dans votre lycée? », l’auteur applique la philosophie à la vie courante, avec un humour certain, le tout ponctué de textes écrits par les plus grands philosophes. Qui aurait cru qu’un livre de philosophie pouvait faire rire? Pourtant, c’est le cas ici, et on s’intéresse, mieux, on adore, on en redemande. Néanmoins, ne pensez pas trouver dans cet ouvrage de quelconques pompes pour vos futurs devoirs, ayant été écrit par un professeur de lycée technique, toutes vos notions de cours ne seront pas forcément présentes, et si le livre est bien fait, simple et concis, ce n’est pas pour autant un atlas complet. Mais il a pour mérite, et pas des moindres, de vous réconcilier avec la matière.

Alors, chers élèves désespérés, hâtez-vous d’avoir cet ouvrage chez vous (ou chez un(e) ami(e) ) , lisez-le, savourez-le, et puis, pourquoi pas, venez rapporter ici vos impressions. Et si après l’avoir lu, rien n’y fait, vous ne supportez toujours pas la philosophie, et bien dans ce cas il ne vous reste pas beaucoup de choix. Rappelez-vous seulement que les acides ne sont pas en vente libre à l’entrée du lycée, et que les armes à feu sont soumises à une réglementation stricte.

Sheeby

06.11.2007

Je suis le chouchou du pompiste


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Une exposition sur le développement durable ? Tout d’abord, en tant que lycéen (mais surtout adolescent), me vient l’idée de ne pas aller en cours pour une journée entière - première raison d’accepter - puis en second plan : c’est quoi au juste le développement durable ? Que je n’accepte pas n’importe quelle sortie … et là, gros travail de la mémoire. Je connais le développement durable. Exact : je l’ai appris en SES, et ayant écouté la prof de philosophie, j’ai appris par cœur ce terme - car oui, apprendre par cœur n’est pas abrutissant, première chose apprise pour ma première année de philosophie. Le développement durable, c’est permettre le développement des générations présentes sans compromettre les besoins des générations futures. Et ainsi, jamais déçu par les activités proposées par le lycée, j’accepte.

 

Développement durable, terme moderne. J’imagine ainsi une exposition moderne, dans un lieu moderne : Design et Culture ; le parfait accord . Mais après un voyage en bus quelque peu hasardeux, me voici arrivé devant un hangar sûrement plus vieux que mes arrières grands parents placardé du nom de l’exposition «  ALL WE NEED ». «  Euh c’est un abattoir ?! ». 

 

Passé mon étonnement et les quelques minutes d’attente dans le froid sibérien réduisant quelque peu la fierté masculine (eh oui, le lieu n’est pas chauffé, développement durable oblige), on commence la visite qui annihile toutes mes appréhensions. Muni d’oreillettes permettant d’écouter des films, interviews et œuvres, j’erre paisiblement d’ateliers en ateliers.

 

Le développement s’y expose dans toutes ses dimensions. Un atelier consacré a l’amour : se côtoient ainsi images érotiques et mur rouge sur lequel chacun peut graver un bout de son histoire (je passerai évidemment sur les quelques lettres que j’ai noté à ce moment précis). L’amour sous toutes ses formes, pulsions libidinales d’adolescents élevés à la pornographie, petits mots d’amour sur un mur gratté par les visiteurs.

La visite prend ensuite des airs de cours de philosophie avec un atelier «  rêves », d’immenses canapés blancs cotonneux, emmitouflants nous poussent aux rêves et à l’imaginaire, accentué par une fumée blanche et une lumière rose : atmosphère reposante …

 

Toute la visite est donc parsemée d’ateliers en tout genre (musical, films, interview, photographie) avec une touche ludique en prime : un toboggan de quinze mètres pour descendre les quatre étages de l’exposition, qui s’apparente a une exposition artistique tant l’esthétisme, la présentation et l’originalité sont soignés.

 

L’atelier que l’on retiendra comme le plus percutant est basé sur un principe simple : les grains de riz, un grain représentant une personne. Et ainsi nous avons pu voir qu’il y a autant de personnes qui vivent chaque jour avec moins d’un dollar en Amérique du sud que de personnes qui mangent dans un Macdonald. Ou encore qu’aux Etats-Unis le même nombre de personnes vivent dans une prison ou dans une maison disposant d’un système de sécurité.  Sans parler du nombre scandaleux de personnes qui sont millionnaires dans le monde face au nombre tout aussi impressionnant de personnes séropositives à l’échelle mondiale. Quant à la représentation des morts de l’Holocauste, elle est simplement insoutenable.

Une exposition aura donc réussi le pari de faire passer un message plus qu’actuel et moderne tout en sachant divertir une bande d’adolescents plus habitués aux frasques de Bart Simpson et aux injustices décrites par des rappeurs de plus en plus brailleurs.

 

La fin de l’exposition se finit sur le calcul personnel de l’impact écologique de chacun. Et sortant pas peu fier de cet entretien stressant et angoissant avec l’écran d’ordinateur qui doit m’annoncer si je suis pollueur ou un futur Nicolas Hulot, je répète à qui veux l’entendre mon résultat : «  Si tout le monde vivait comme moi, il faudrait  1.9 planètes pour tout le monde ». Sachant qu'il en faudrait 4 pour que tout le monde suive le mode de vie des Occidentaux ma satisfaction est pleinement justifiée mais évidemment je n’ai pas fière allure face à Cuba qui est le seul pays au Monde à pouvoir prétendre se suffire de notre Planète bleue. En effet, il est le seul pays a avoir un impact écologique signifiant que si tout les pays vivaient comme lui, la Terre nous suffirait ; il en resterait même un peu, de quoi donner aux Etats-Unis qui dépasseraient sûrement un peu leur quota.

 

Ainsi, plus que de ne pas aller au Lycée une journée, cette exposition aura permis de comprendre et d’assimiler des choses dont nous n’avions peut être pas encore conscience. Esthétisme, art, culture et pédagogie seront donc les mots-clés de cette journée particulière.

 

Lucas L.

16.10.2007

Le Poudlard Express est en marche ...

6fd00b592401fcc75a5b39a96db706a1.jpgVendredi 26 Octobre 2007, date de publication française du septième et ultime tome de la série littéraire Harry Potter écrite par Joanne Kathleen Rowling, marquera la fin de dix années d'attente insoutenable pour les milliers de français qui suivent avec attention les aventures désormais incontournables du héros éponyme.

 

      Le premier volume intitulé Harry Potter and the Philosopher's Stone dans son édition originale, connu en France sous le titre Harry Potter à l'Ecole des Sorciers, relate l'histoire d'un jeune orphelin anglais qui voit son existence prendre une tournure magique à l'occasion de son onzième anniversaire, où sa véritable nature lui est enfin révélée : il appartient au monde des Sorciers et doit intégrer la célèbre école de Poudlard. Commence alors pour lui la découverte d'un monde fantaisiste et parallèle au nôtre dans lequel il nouera de solides amitiés, et où s'entremêlent créatures mythologiques et fabuleuses, fantômes, hiboux, jus de citrouille, cours de potions et de défense contre les forces du Mal ou encore escapades téméraires dans la Forêt Interdite ; mais aussi mystères et vérité à propos de l'étrange cicatrice en forme d'éclair qu'Harry porte sur le front, confrontations récurrentes avec Voldemort, l'effroyable mage noir qui sème la terreur et dispose de nombreux partisans, et prophétie scandant qu'Harry sera au cours de sa vie soit la victime, soit l'acteur d'un meurtre...

Initialement écrit pour un lectorat enfantin, le succès dévorant de la saga conquiert peu à peu les adultes, tandis que le protagoniste mûrit au fil des livres - qui correspondent chacun à une année passée dans l'école de Sorcellerie - et évolue en même temps que ses premiers lecteurs. Progressivement, l'intrigue se modifie et devient plus complexe, plus inquiétante, voire plus noire : tandis que le héros grandit et doit faire face aux désillusions de l’existence ; une brèche se forme entre le monde de la Magie et celui des Moldus - ceux qui sont dépourvus de pouvoirs magiques.

Loin de l'exploitation commerciale dont fait aujourd'hui l'objet cette série littéraire et ses innombrables produits dérivés, le style de l'auteur demeure d'une grande inventivité doublée d'une imagination débordante et malicieuse, d'autant plus que face à la multiplication et la diversification des ouvrages relevant de l'heroic fantaisy, Joanne Kathleen Rowling a su s'imposer et créer un univers très singulier, détaché de l'influence tolkienniste caractéristique de ce genre.

 

      Sorti le 21 Juillet dans sa version originale, Harry Potter and the Deathly Hallows constitue le livre qui scelle inéluctablement le sort des protagonistes et qui signe le dénouement de l'intrigue. En attendant la sortie française du dernier volume Harry Potter et les Reliques de la Mort, les spéculations des lecteurs sont donc ouvertes : Quel camp gagnera la bataille finale ? Tous les personnages sortiront-ils indemnes de cette lutte ? La prophétie se réalisera-t-elle ?
 

 

[Amelie] 

Devant une telle impératrice littéraire, lady & gentleman, on s’incline avec Stupeur et Tremblements

Seize ouvrages publiés en seize ans de carrière, soixante-sept manuscrits précieusement rangés dans des boîtes à chaussures,  quinze millions d’ouvrages vendus et traduits en 38 langues à travers le monde. Cette année encore, comme les quinze précédentes, une certaine Amélie Nothomb bouleverse la rentrée littéraire par un de ses romans inclassable. Portrait d’une écrivaine, Belge et très singulière …

           

Tout le monde la connaît ni d’Eve, ni d’Adam, Amélie Nothomb.

Elle est Belge, est née au Japon, cultive pour le pays de sa naissance un culte incroyable et envoûtant, a vécu ses enfance et adolescence dans des mondes aussi éloignés que Pékin sous la Bande des Quatre, à New York, où encore au Bangladesh. Elle écrit depuis ces 17 ans à un rythme effréné et jamais altéré de quatre heures minimum par jour, en commençant de préférence à cinq heures du matin. Dotée d’une plume acerbe et inimitable, elle décrit avec une étonnante économie de vocabulaire des situations, des paysages, aussi bien imaginaires qu’autobiographiques mais qui ne cessent, au fil de son œuvre de nous surprendre. Une tendance à dépeindre des situations anormales qui parfois tendent vers l’incompréhensible, lui permet de se démarquer de tous les auteurs de sa générations et d’acquérir des lecteurs fidèles, qui la suivent années après années.  En somme, elle n’a pas finit de faire rêver les initiés de la vague Nothomb.

« J’imagine mon inconscient comme un gigantesque processus digestif »

Et cette année encore, au moment où les critiques littéraires l’attendaient au tournant suite à ses deux derniers ouvrages jugés médiocres, elle nous offre un époustouflant et émouvant ballet japonais où elle est, une fois de plus au centre des danseurs.  Ni d’Eve ni d’Adam est une fresque contemporaine et autobiographique du Japon des 90’s. Amélie y évoque son premier coï (et sans le "t"), jugé « tellement plus beau et plus noble qu’une bête histoire d’amour ». Voici ces propres propos pour désigner ce livre hors du commun :

« Stupeur et tremblements pourrait donner l'impression qu'au Japon, à l'âge adulte, j'ai seulement été la plus désastreuse des employées. Ni d'Eve ni d'Adam révélera qu'à la même époque et dans le même lieu, j'ai aussi été la fiancée d'un tokyoïte très singulier. »

 

Avis de lecteur(s)

Lectrice assidue de Mademoiselle Nothomb , j’ai été particulièrement impressionnée et émue par ce nouvel ouvrage. J’ai toujours apprécié ses livres, avec plus ou moins de passion, avec un net penchant pour ses autobiographies, tout en me désolant de la distance que les mots ont toujours mis entre elle et ses lecteurs. En effet, malgré le fait qu’elle se dévoilait toujours beaucoup, jamais je n’ai jamais pu apprécier ce lien intime que l’on retrouve souvent entre l’autobiographe et son lecteur. Et lors de la parution de Ni d’Eve ni d’Adam, et surtout à sa lecture, je n’ai pu contenir ma joie, ni mes larmes d’ailleurs.  Pour la première fois se lie entre auteur et lecteur une véritable complicité, plus encore que pour ses autres livres, nous sommes emportés dans l’élan de cette vie japonaise, les lieux, les paysages, les gens, tout nous semble familier. Nous abordons le Japon avec les mêmes yeux émerveillés qu’Amélie. Le mont Fuji, Tokyo, la sorcière Yamamba s’emparent de nous comme nous serrons plus fort encore le livre entre nos mains. Nous nous prenons au jeu des sentiments et des remords, de la culpabilité frivole de l’auteur. Et la fin n’a pas finit de nous lier avec ce personnage si étrange et si attachant en raison de sa disparité apparente et pourtant de son lien si fort avec l’espèce humaine, dont elle est, sommes toutes, un des plus dignes représentants. Une improbable mais belle leçon d’humanité.

 

« Peu glorieuse la fuite ? C’est pourtant mieux que de se laisser attraper. Le seul déshonneur, c’est de ne pas être libre ».

 

[Fanny B.]

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PiX : Noelle & Amélie Nothomb au cours d'une séance de dédicasse plutot humide au Virgin de Paris.