21.11.2007

Les hommes sont sortis de terre,comme les épinards.

Vous n’aimez pas la philosophie. Ou pire, vous souhaiteriez aimer, mais vous vous sentez dépassés, nuls, incultes, quand vous êtes devant un énoncé tel que «Qui est Je pour dire moi? ». Les cours de philo sont uniquement pour vous l’occasion de vous rincer l’œil devant votre jeune et jolie (beau) professeur, ou au contraire des heures de supplice à supporter le stéréotype même du gardien de prison nazi, qui vous déteste parce que vous faîtes partie de la société de consommation, et qui est toujours habillé en noir car il porte le deuil de l’humanité. Le simple mot « philosophie » vous fait frissonner, et vous rappelle que votre sujet de dissertation à rendre pour demain est quelque part dans votre chambre, entre les cannettes de bière, le linge sale et le devoir d’allemand mal ressorti de la broyeuse. En bref, vous considérez que la philosophie n’est pas pour vous, et que vous seriez beaucoup plus performants si on vous laissait faire des réflexions sur Kant pendant un trip sous acide. Si vous réunissez au moins une de ces conditions (et ne vous inquiétez pas, vous êtes nombreux dans ce cas) alors ce livre est fait pour vous:

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Le titre n’est pas très accrocheur, la couverture non plus, mais le contenu suffit à rattraper le reste. Avec des questions telles que « Avez-vous déjà mangé de la chair humaine? », « Pourquoi ne pas vous masturber dans la cour du lycée? », « La police existe-t-elle pour vous pourrir la vie systématiquement? », ou encore «Pourquoi pouvez-vous acheter librement du haschisch à Amsterdam et pas dans votre lycée? », l’auteur applique la philosophie à la vie courante, avec un humour certain, le tout ponctué de textes écrits par les plus grands philosophes. Qui aurait cru qu’un livre de philosophie pouvait faire rire? Pourtant, c’est le cas ici, et on s’intéresse, mieux, on adore, on en redemande. Néanmoins, ne pensez pas trouver dans cet ouvrage de quelconques pompes pour vos futurs devoirs, ayant été écrit par un professeur de lycée technique, toutes vos notions de cours ne seront pas forcément présentes, et si le livre est bien fait, simple et concis, ce n’est pas pour autant un atlas complet. Mais il a pour mérite, et pas des moindres, de vous réconcilier avec la matière.

Alors, chers élèves désespérés, hâtez-vous d’avoir cet ouvrage chez vous (ou chez un(e) ami(e) ) , lisez-le, savourez-le, et puis, pourquoi pas, venez rapporter ici vos impressions. Et si après l’avoir lu, rien n’y fait, vous ne supportez toujours pas la philosophie, et bien dans ce cas il ne vous reste pas beaucoup de choix. Rappelez-vous seulement que les acides ne sont pas en vente libre à l’entrée du lycée, et que les armes à feu sont soumises à une réglementation stricte.

Sheeby

06.11.2007

Je suis le chouchou du pompiste


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Une exposition sur le développement durable ? Tout d’abord, en tant que lycéen (mais surtout adolescent), me vient l’idée de ne pas aller en cours pour une journée entière - première raison d’accepter - puis en second plan : c’est quoi au juste le développement durable ? Que je n’accepte pas n’importe quelle sortie … et là, gros travail de la mémoire. Je connais le développement durable. Exact : je l’ai appris en SES, et ayant écouté la prof de philosophie, j’ai appris par cœur ce terme - car oui, apprendre par cœur n’est pas abrutissant, première chose apprise pour ma première année de philosophie. Le développement durable, c’est permettre le développement des générations présentes sans compromettre les besoins des générations futures. Et ainsi, jamais déçu par les activités proposées par le lycée, j’accepte.

 

Développement durable, terme moderne. J’imagine ainsi une exposition moderne, dans un lieu moderne : Design et Culture ; le parfait accord . Mais après un voyage en bus quelque peu hasardeux, me voici arrivé devant un hangar sûrement plus vieux que mes arrières grands parents placardé du nom de l’exposition «  ALL WE NEED ». «  Euh c’est un abattoir ?! ». 

 

Passé mon étonnement et les quelques minutes d’attente dans le froid sibérien réduisant quelque peu la fierté masculine (eh oui, le lieu n’est pas chauffé, développement durable oblige), on commence la visite qui annihile toutes mes appréhensions. Muni d’oreillettes permettant d’écouter des films, interviews et œuvres, j’erre paisiblement d’ateliers en ateliers.

 

Le développement s’y expose dans toutes ses dimensions. Un atelier consacré a l’amour : se côtoient ainsi images érotiques et mur rouge sur lequel chacun peut graver un bout de son histoire (je passerai évidemment sur les quelques lettres que j’ai noté à ce moment précis). L’amour sous toutes ses formes, pulsions libidinales d’adolescents élevés à la pornographie, petits mots d’amour sur un mur gratté par les visiteurs.

La visite prend ensuite des airs de cours de philosophie avec un atelier «  rêves », d’immenses canapés blancs cotonneux, emmitouflants nous poussent aux rêves et à l’imaginaire, accentué par une fumée blanche et une lumière rose : atmosphère reposante …

 

Toute la visite est donc parsemée d’ateliers en tout genre (musical, films, interview, photographie) avec une touche ludique en prime : un toboggan de quinze mètres pour descendre les quatre étages de l’exposition, qui s’apparente a une exposition artistique tant l’esthétisme, la présentation et l’originalité sont soignés.

 

L’atelier que l’on retiendra comme le plus percutant est basé sur un principe simple : les grains de riz, un grain représentant une personne. Et ainsi nous avons pu voir qu’il y a autant de personnes qui vivent chaque jour avec moins d’un dollar en Amérique du sud que de personnes qui mangent dans un Macdonald. Ou encore qu’aux Etats-Unis le même nombre de personnes vivent dans une prison ou dans une maison disposant d’un système de sécurité.  Sans parler du nombre scandaleux de personnes qui sont millionnaires dans le monde face au nombre tout aussi impressionnant de personnes séropositives à l’échelle mondiale. Quant à la représentation des morts de l’Holocauste, elle est simplement insoutenable.

Une exposition aura donc réussi le pari de faire passer un message plus qu’actuel et moderne tout en sachant divertir une bande d’adolescents plus habitués aux frasques de Bart Simpson et aux injustices décrites par des rappeurs de plus en plus brailleurs.

 

La fin de l’exposition se finit sur le calcul personnel de l’impact écologique de chacun. Et sortant pas peu fier de cet entretien stressant et angoissant avec l’écran d’ordinateur qui doit m’annoncer si je suis pollueur ou un futur Nicolas Hulot, je répète à qui veux l’entendre mon résultat : «  Si tout le monde vivait comme moi, il faudrait  1.9 planètes pour tout le monde ». Sachant qu'il en faudrait 4 pour que tout le monde suive le mode de vie des Occidentaux ma satisfaction est pleinement justifiée mais évidemment je n’ai pas fière allure face à Cuba qui est le seul pays au Monde à pouvoir prétendre se suffire de notre Planète bleue. En effet, il est le seul pays a avoir un impact écologique signifiant que si tout les pays vivaient comme lui, la Terre nous suffirait ; il en resterait même un peu, de quoi donner aux Etats-Unis qui dépasseraient sûrement un peu leur quota.

 

Ainsi, plus que de ne pas aller au Lycée une journée, cette exposition aura permis de comprendre et d’assimiler des choses dont nous n’avions peut être pas encore conscience. Esthétisme, art, culture et pédagogie seront donc les mots-clés de cette journée particulière.

 

Lucas L.