06.11.2007

Je suis le chouchou du pompiste


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Une exposition sur le développement durable ? Tout d’abord, en tant que lycéen (mais surtout adolescent), me vient l’idée de ne pas aller en cours pour une journée entière - première raison d’accepter - puis en second plan : c’est quoi au juste le développement durable ? Que je n’accepte pas n’importe quelle sortie … et là, gros travail de la mémoire. Je connais le développement durable. Exact : je l’ai appris en SES, et ayant écouté la prof de philosophie, j’ai appris par cœur ce terme - car oui, apprendre par cœur n’est pas abrutissant, première chose apprise pour ma première année de philosophie. Le développement durable, c’est permettre le développement des générations présentes sans compromettre les besoins des générations futures. Et ainsi, jamais déçu par les activités proposées par le lycée, j’accepte.

 

Développement durable, terme moderne. J’imagine ainsi une exposition moderne, dans un lieu moderne : Design et Culture ; le parfait accord . Mais après un voyage en bus quelque peu hasardeux, me voici arrivé devant un hangar sûrement plus vieux que mes arrières grands parents placardé du nom de l’exposition «  ALL WE NEED ». «  Euh c’est un abattoir ?! ». 

 

Passé mon étonnement et les quelques minutes d’attente dans le froid sibérien réduisant quelque peu la fierté masculine (eh oui, le lieu n’est pas chauffé, développement durable oblige), on commence la visite qui annihile toutes mes appréhensions. Muni d’oreillettes permettant d’écouter des films, interviews et œuvres, j’erre paisiblement d’ateliers en ateliers.

 

Le développement s’y expose dans toutes ses dimensions. Un atelier consacré a l’amour : se côtoient ainsi images érotiques et mur rouge sur lequel chacun peut graver un bout de son histoire (je passerai évidemment sur les quelques lettres que j’ai noté à ce moment précis). L’amour sous toutes ses formes, pulsions libidinales d’adolescents élevés à la pornographie, petits mots d’amour sur un mur gratté par les visiteurs.

La visite prend ensuite des airs de cours de philosophie avec un atelier «  rêves », d’immenses canapés blancs cotonneux, emmitouflants nous poussent aux rêves et à l’imaginaire, accentué par une fumée blanche et une lumière rose : atmosphère reposante …

 

Toute la visite est donc parsemée d’ateliers en tout genre (musical, films, interview, photographie) avec une touche ludique en prime : un toboggan de quinze mètres pour descendre les quatre étages de l’exposition, qui s’apparente a une exposition artistique tant l’esthétisme, la présentation et l’originalité sont soignés.

 

L’atelier que l’on retiendra comme le plus percutant est basé sur un principe simple : les grains de riz, un grain représentant une personne. Et ainsi nous avons pu voir qu’il y a autant de personnes qui vivent chaque jour avec moins d’un dollar en Amérique du sud que de personnes qui mangent dans un Macdonald. Ou encore qu’aux Etats-Unis le même nombre de personnes vivent dans une prison ou dans une maison disposant d’un système de sécurité.  Sans parler du nombre scandaleux de personnes qui sont millionnaires dans le monde face au nombre tout aussi impressionnant de personnes séropositives à l’échelle mondiale. Quant à la représentation des morts de l’Holocauste, elle est simplement insoutenable.

Une exposition aura donc réussi le pari de faire passer un message plus qu’actuel et moderne tout en sachant divertir une bande d’adolescents plus habitués aux frasques de Bart Simpson et aux injustices décrites par des rappeurs de plus en plus brailleurs.

 

La fin de l’exposition se finit sur le calcul personnel de l’impact écologique de chacun. Et sortant pas peu fier de cet entretien stressant et angoissant avec l’écran d’ordinateur qui doit m’annoncer si je suis pollueur ou un futur Nicolas Hulot, je répète à qui veux l’entendre mon résultat : «  Si tout le monde vivait comme moi, il faudrait  1.9 planètes pour tout le monde ». Sachant qu'il en faudrait 4 pour que tout le monde suive le mode de vie des Occidentaux ma satisfaction est pleinement justifiée mais évidemment je n’ai pas fière allure face à Cuba qui est le seul pays au Monde à pouvoir prétendre se suffire de notre Planète bleue. En effet, il est le seul pays a avoir un impact écologique signifiant que si tout les pays vivaient comme lui, la Terre nous suffirait ; il en resterait même un peu, de quoi donner aux Etats-Unis qui dépasseraient sûrement un peu leur quota.

 

Ainsi, plus que de ne pas aller au Lycée une journée, cette exposition aura permis de comprendre et d’assimiler des choses dont nous n’avions peut être pas encore conscience. Esthétisme, art, culture et pédagogie seront donc les mots-clés de cette journée particulière.

 

Lucas L.

Commentaires

Une journée exceptionnelle qui nous a tous fait réagir. La pièces aux tas de riz était véritablement impressionnante et percutante. Une prise de conscience plus brutale et profonde qu'on ne l'imaginait à la base. Le côté artistique n'enlève rien à l'exposition, d'ailleurs les arbres morts suspendus au plafond n'ont fait qu'ancrer un peu plus encore le message.

Message d'autant plus frappant qu'il est ici transmis par une plume qui me plait beaucoup, tant par le style que par la verve. Merci au Chouchou du pompiste qui a très bien su retranscrire tant l'ambiance que l'exposition elle-même :)

Ecrit par : Bartimeus | 06.11.2007

Merci pour ce compte-rendu qui donne vraiment très envie d'aller voir cette exposition. Et qui soulève des questions vraiment importantes, et je pense surtout à Cuba, que l'on s'évertue à nous présenter comme un leader d'un prétendu "Axe du Mal", alors que son IDH est plus élevé que celui de la Bulgarie, pays de l'UE...
Le problème vient bien du fait que nous n'avons de Cuba que l'image que veulent bien nous en donner les Etats-Unis qui, avec leur embargo imposé depuis plus de 40 ans, ne sont pas étrangers aux difficultés, bien réelles, de l'île... Mais je suis sûr qu'il s'agira d'un sujet bientôt traité sur ce blog, car on touche là bien à un problème de traitement médiatique biaisé...

Pardon pour cette digression, et merci encore pour ce compte-rendu.

Ecrit par : Jean-Claude Croutechef | 10.11.2007

Je tiens à souligner que les L n'ont pas été conviés à cette sortie,qui avait l'air tellement géniale!J'aurais adoré y participer,vraiment.(qui a dit que les L étaient des pestiférés?Bon,sur ce coup-là les S aussi ont été délaissés, alors ça passera.Mais quand même.Aprés le black power, je prône le L power.(bon on acceptera aussi nos amis de ES et de S,mais selon une sélection rigoureuse.J'pars dans mon délire d'hégémonie littéraire là,ça va pas aller ^^"")
=) mais j'ai adoré le style de cet article. (j'ai même cru que c'était ma chère Bartimeus qui l'avait écrit,c'est pour dire.) Alors vive l'humour et l'écologie! (et pis les L,tant qu'on y est haha)

Ecrit par : sheeby | 20.11.2007

Cette expo avait l'air géniale! C'est vraiment dommage, comme l'a déjà dit sheeby, que les L n'ai pas été convié à la sortie. Le dévelopement durable n'interesse pas que les futurs économistes, avocats et chefs d'entreprise en tout genre! Merci donc à Lucas de nous avoir donné une petite aperçu de l'exposition.

Ecrit par : Capri | 24.11.2007

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