16.10.2007
Révolte des détritus et des futurs chômeurs !
Voilà un certain temps que les rumeurs courraient, le candidat UMP actuellement président nous l’avait promis, l’enseignement national est bon pour la réforme! Avec ses suppressions de poste en masse, près de 11 000 enseignants partant à la retraite qui ne verront pas leur poste renouvelé, et le Ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos qui dénonce les filières sans débouchés pour mieux suggérer une réforme du Bac, en effet, ça se réforme sec!

Pot de départ!
22.700 suppressions d'emplois dans l'Etat l'an prochain, dont près de 11 000 dans l’Education Nationale, on peut dire que le nouveau Président de la République n’y va pas avec le dos de la cuillère. Aidé de son fidèle Ministre Darcos, ils veulent diminuer les dépenses de l’Etat en exterminant les fonctionnaires! « Dans le second degré, il y aura des départs à la retraite non remplacés: ce sont, en proportion, les fonctionnaires non enseignants -cadres, agents techniques ou administratifs-, qui représentent 20% des postes, qui seront le plus concernés », précise le ministre de l'Education, qui pour se justifier ajoute plus loin qu''on ne manque pas de professeurs', la France en comptant 83 pour 1.000 élèves dans le secondaire contre 66 en Allemagne et 60 au Royaume Uni. Néanmoins, il est peut être utile de se demander si cette excuse est une bonne raison pour rabaisser plus bas encore le niveau éducatif en France. La surcharge des classes est-elle une solution valable dans le règlement de la dette sur le long terme ? Le gouvernement est-il, tout comme le marché, atteint de myopie ?
Filières L, poubelles ! Filières ES, bientôt la sieste !
Dernièrement, les rumeurs prêtent à Xavier Darcos les termes de « filière poubelle » concernant la Section Littéraire, et de « filière pour futurs chômeurs » lorsqu’il parlait de la Section Economique et Sociale. Si la forme a pu être enjolivée, le fond n’en reste pas moins le même.
Ses propos se rapprochaient d’avantage de 'Attention, en particulier aux filières sans débouché évident. Je pense à 'ES' (économique et social). Elle attire beaucoup d'élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef'.
Propos qui ont déclenché un véritable tollé chez les professeurs de SES et parmi les étudiants, non sans raison. L'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (APSES) s'est alors demandé s'il était 'mal informé ou mal intentionné'. Suite à ces déclarations, il semble utile de mettre les choses au clair :
Rappelons que les bacheliers ES poursuivent pour la plupart des études, soit 62.5% qui ont choisi l’enseignement supérieur long qui se répartissent à raison de 17,5 % en sciences humaines et sociales, 15 % en droit, 8,5 % en sciences économiques, 8 % en administration économique et sociale, 7,5 % en langues, 3,5 % en lettres et 2 % dans d'autres domaines.
Concernant le reproche qui est fait aux sections ES eu égard à leur moindre proportion dans les grandes écoles préparatoires, n’oublions pas de dire que ces grandes écoles sont avant tout destinées aux S, et ajoutons que les ES dominent les écoles de prépa économiques et commerciales avec 44% des effectifs.
Enfin, il faut savoir que les élèves issus de ES ont le plus fort taux de réussite dans l’obtention des licences sans redoublements avec 74,9 % de réussite.
Pas si mal, pour une filière « fourre-tout » «pour ceux qui ne veulent pas faire de lettres et qui ne sont pas capables de faire S», et qui est selon Claude Allègre, autre ministre qui a voulu annihiler les ES, une « erreur génétique »…
Du côté de la section littéraire, les allégations du ministre de l’Education Nationale ne sont pas plus tendres, parlant d’une section « floue » concurrencée par la section ES. A décharge des L, il semble utile de rappeler que les restrictions budgétaires au niveau des langues anciennes (les professeurs doivent se battre pour maintenir le latin dans un lycée) ne sont pas faites pour aider la filière littéraire en ce sens.
Et la raison de tout ceci ?
Etant élève de filière ES, je ne peux m’empêcher d’avoir un sursaut d’orgueil et d’être blessée par de tels propos, surtout s’ils viennent de quelqu’un qui veut créer une filière unique pour le Bac le matin, qui est issu de Lettres classiques et fait sonner la suprématie des S le midi, et qui souhaite faire un collège multiple le soir …
Un peu paradoxal, non ?
[Fanny B.]
Sources: Le Monde & Cie
17:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Loin de moi l'idée de défendre les propos (inacceptables à mon avis) du ministre, mais il me semble que vous ne répondez que très partiellement (et partialement pour le coup) aux attaques. Celles-ci portent en effet principalement sur l'accession à terme à l'emploi des anciens bacheliers ES, pas leur insertion immédiate dans les études supérieures.
D'ailleurs, les chiffres que vous donnez corroborent plutôt les propos de M. Darcos, qui rappelle que les bacheliers ES vont essentiellement à l'Université, dans des filières comme les sciences humaines (où certaines filières ont effectivement des débouchés pour le moins incertains, mais c'est un autre débat) et le droit.
Ce qu'il faudrait démontrer, c'est que les bacheliers ES trouvent un emploi après ces études, et ce sont des chiffres allant dans ce sens qu'il faut trouver et faire circuler pour contredire M. Darcos. Malheureusement, je n'ai pas ces chiffres, mais je suis sûr que des élèves consciencieux et désireux de porter un regard critique sur les médias pourront les trouver.
Mais l'intention de votre article est à mon avis bonne.
Parole d'ancien bachelier ES, qui a trouvé un emploi sans trop de soucis.
Ecrit par : Jean-Claude Croutechef | 17.10.2007
moi je l aime bien monsieur darcos! (sarcasme)!
Bref miss tu sais ce que je pense..... allez phrase qui ne sert a rien: vive les L!!
Ecrit par : [n] | 21.10.2007
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